Rédigé par John Fortin, moniteur de niveau 3 et formateur de niveau 1 de l’AMSC
« Yahoo ! J’ai réussi mon niveau 3… au troisième essai… »
Ce n’est pas une phrase qui respire le succès. Mais c’est une phrase que je n’ai pas de mal à partager aujourd’hui, car mon parcours vers le niveau 3 m’a appris bien plus sur le ski, l’enseignement et moi-même que le simple fait de réussir n’aurait pu le faire.
Comme beaucoup de candidat·e·s à la certification de l’AMSC, mes deux premières tentatives n’ont pas échoué parce que je ne savais pas skier. Je m’étais entraîné.
Nous savons tous que les conditions de ski dépendent de Dame Nature. Vous vous présentez à l’examen en vous attendant à retrouver la neige sur laquelle vous vous êtes entraîné, mais vous obtenez quelque chose de différent.
Le genre de neige qui vous rappelle subtilement les expériences passées où les choses ne se sont pas déroulées comme vous le souhaitiez.
Au lieu de skier comme je m’étais entraîné, mon cerveau a pris le dessus :
- Les anciennes erreurs
- Les scénarios « et si »
- La pression du moment
Ma respiration a changé, mon corps s’est crispé et ma concentration s’est dissipée. Même si je savais que j’avais les capacités techniques, je n’ai pas pu y accéder au moment crucial.
Avec le recul, ce n’était pas mon ski qui posait problème. C’était mon esprit.

À cette époque, le yoga faisait déjà partie de ma vie. Ce que je n’avais pas encore réalisé, c’était à quel point ces pratiques pouvaient s’appliquer directement au ski, en particulier sous pression.
Le yoga n’a pas soudainement transformé mon ski grâce à la force ou à la souplesse. Il m’a apporté quelque chose de bien plus précieux :
-Une meilleure conscience de mon corps.
-La capacité à remarquer les tensions inutiles.
-Une compréhension de l’influence de la respiration sur la concentration et les mouvements.
-La conscience de reconnaître quand mon esprit est distrait.
Mais surtout, cela m’a appris que le calme n’est pas quelque chose qui apparaît simplement quand on en a besoin.
Tout comme le ski, c’est quelque chose qui s’entraîne.
La plus grande différence entre mes deux premières tentatives et ma troisième a été d’apprendre à être là où j’étais, plutôt que là où mon esprit voulait aller.
Je prenais conscience lorsque mes pensées dérivaient vers des expériences passées ou des scénarios hypothétiques. Je m’entraînais à ramener mon attention sur le moment présent.
Des choses simples m’ancraient dans le présent :
- La sensation de mes pieds dans mes chaussures
- Le rythme de ma respiration
- Le mouvement de chaque virage
En plus de m’entraîner sur les éléments techniques de l’examen, je m’entraînais à visualiser ces mouvements en temps réel.
Au lieu de penser « Cela me rappelle la dernière fois », je me concentrais sur le moment présent et le virage que j’effectuais.
Ce changement a tout changé.
L’un des outils les plus simples et les plus efficaces que j’ai utilisés était ma respiration.
Rien de compliqué. Juste de la conscience.
Avant de commencer, je prenais quelques respirations profondes et conscientes. Je m’assurais de continuer à respirer au lieu de retenir ma respiration. Si je faisais une erreur, je prenais une respiration lente pour me recentrer.
Lorsque je prêtais attention à ma respiration, mon corps se détendait.
Lorsque mon corps se détendait, mon ski devenait plus naturel.
J’ai arrêté d’essayer de forcer mon ski et j’ai commencé à le laisser se faire.
À ma troisième tentative, j’ai compris que l’entraînement mental était tout aussi important.
Finalement, j’ai accepté quelque chose qui semble évident avec le recul : j’avais déjà les capacités techniques.
Je n’avais pas besoin de le prouver, je devais simplement faire ce que je savais faire.
Je devais simplement faire confiance à ma préparation.
Le yoga et la pleine conscience m’ont aidé à sortir de mon propre chemin. Au lieu de skier pour passer un examen, j’ai skié avec intention et présence. Cette confiance a créé un espace pour m’adapter, récupérer et skier de manière authentique plutôt que d’essayer de correspondre à une image parfaite dans ma tête.
Au cours de ma tentative réussie, j’ai utilisé la visualisation de la même manière qu’elle est souvent utilisée dans les pratiques de yoga et de pleine conscience. Avant les épreuves, j’ai imaginé un ski calme et centré. J’ai visualisé des mouvements fluides et des virages assurés.
Au lieu de répéter la peur ou le doute, j’ai répété le succès.
Plus important encore, je me suis concentrée uniquement sur ce que je pouvais contrôler :
- Ma respiration
- Ma concentration
- Mes mouvements
Tout le reste s’est effacé.
Avec le recul, mon parcours vers le niveau 3 m’a enseigné des leçons que je continue d’appliquer chaque jour.
On ne peut pas penser à bien skier. À un moment donné, il faut faire confiance à son corps pour qu’il fasse ce pour quoi il a été entraîné.
Le calme est une compétence, pas un trait de personnalité. La respiration et la conscience peuvent s’entraîner, tout comme la mise à carres, le contrôle de la pression ou l’équilibre.
Ce ne sont pas les conditions qui définissent vos capacités, mais votre réaction. La neige n’est qu’une information. L’histoire que nous lui attribuons est facultative.
Une seule respiration peut changer toute une descente.
Enfin, ce ne sont pas les erreurs qui ruinent la performance, mais notre réaction face à celles-ci.
Si vous vous apprêtez à passer un examen, quel que soit le niveau, voici quelque chose que j’espère que vous garderez à l’esprit.
Si vous réussissez, prenez le temps d’en profiter. Vous l’avez mérité.
Et si vous échouez, cela ne vous définit pas en tant que skieur·se ou moniteur·rice. C’est un retour d’information. Cela fait partie du processus. Parfois, le travail ne consiste pas à en apprendre davantage, mais à apprendre à montrer ce que vous savez déjà lorsque la pression est forte.
L’examen passera, mais votre progression, votre confiance et votre amour du ski continueront d’exister.
Où que vous en soyez dans votre parcours, je vous souhaite :
- Le calme dans les moments de pression
- La confiance en votre préparation
- La présence dans votre ski
- Et la patience de continuer à vous présenter
Que vous réussissiez ou échouiez, vous êtes toujours sur la bonne voie.
