
L’équipe canadienne Interski regroupe des moniteurs et des monitrices de haut niveau provenant de partout au pays. Issu·e·s de parcours variés et dotés d’une passion commune, ils et elles incarnent le plus haut niveau professionnel en enseignement du ski au Canada. Ils sont présentement en préparation d’Interski Vail 2027, le plus important congrès international d’enseignement des sports de neige. L’équipe représentera le Canada en compagnie du reste de la délégation canadienne, c’est-à-dire nos associations partenaires, l’ACMS et l’ACMSN.
Découvrez Dominic Éthier, Lucia Glasse-Davies, Pierre-Luc Grenier, Julie Sauvageau et Steve Young alors qu’ils et elles nous partagent un peu de leur histoire. Suivez-nous le mois prochain pour découvrir d’autres membres de l’équipe !
DOMINIC ÉTHIER | MONT SUTTON, QC

Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski.
Au secondaire, alors que j’étais dans un programme sport-études, une discussion avec mon entraîneur de ski m’a profondément marqué. Il m’a demandé si mon objectif était de devenir moniteur niveau 3 ou niveau 4, en m’expliquant que, même si l’un mène à l’autre, le chemin de développement est très différent selon l’objectif que l’on se fixe. Cette réflexion m’accompagne encore aujourd’hui dans ma façon de voir le ski et mon développement à long terme.
Quelle a été ta plus belle journée de ski?
C’est vraiment difficile de répondre à cette question, car plusieurs moments forts me viennent en tête. Sur le plan émotif, l’année où j’ai complété mon examen de niveau 4 demeure l’une des plus marquantes. Cette dernière journée d’examen fut une véritable montagne russe d’émotions et la réalisation d’un long parcours d’où j’ai appris à apprécier les succès, mais gérer les échecs.
Qui t’inspire ?
Jean-Marcel Dumontier a joué un rôle majeur dans mon parcours vers les niveaux 3 et 4. À travers de nombreuses journées de ski et de longues discussions, il m’a profondément influencé par son ski et sa vision de l’enseignement. Il m’a surtout appris l’importance de garder les choses simples, autant dans le ski que dans la pédagogie.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Le plus grand défi demeure le temps passé sur neige. Trouver l’équilibre entre le travail, la famille, les amis et l’entraînement demande beaucoup de discipline et d’organisation. J’essaie d’y parvenir en profitant de chaque occasion d’entraînement, même si ce n’est pas toujours parfait.
LUCIA GLASSE-DAVIES | FERNIE ALPINE RESORT (C.-B)

Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski.
J’étais prête à commencer l’université à automne, et pour la première fois je me suis réellement imaginée ne faisant plus de ski, en été comme en hiver. Cette réalisation m’a profondément affectée.
J’ai rapidement réservé un aller-simple pour l’Australie et décroché un poste en tant que monitrice de ski, et depuis, je n’ai plus jamais fait marche arrière. Parfois, on réalise seulement la valeur de quelque chose juste avant de le perdre. Ce moment a clarifié mes priorités : le ski fait partie intégrante de qui je suis.
Quelle a été ta plus belle journée de ski?
Il y a tellement de belles journées sur la montagne que, de différentes manières, chaque jour est ressenti comme étant la plus belle journée!
Récemment, j’ai eu la chance de pouvoir voyager en Autriche pour le premier événement du World Women’s Summit. Pendant que j’y étais, j’ai passé une journée à faire du ski avec des monitrices des États Unis, d’Autriche, de Bulgarie, d’Australie, de la Suisse, et autres. Le fait de réunir autant de femmes incroyables de notre industrie au même endroit, skiant ensemble avec un objectif commun, a été vraiment spécial. C’était l’une de ces journées qui te rappellent pourquoi tu fais ce que tu fais.
Qui t’inspire ?
J’ai trouvé le retour récent de Lindsey Vonn à la compétition à 41 ans, après six ans d’absence, absolument épatant. C’est un rappel important que la progression, l’excellence, et l’ambition n’ont pas de date de péremption et que la passion peut surpasser les obstacles si on s’en donne les moyens.
Heather Robertson a vraiment eu un impact durable sur moi. Sa passion pour l’enseignement du ski et sa motivation à constamment repousser leniveau de qualité onr vraiment été contagieux. Je m’attrape toujours en train de me poser la question, « Qu’est-ce que Heather penserait de ça? » quand je tente de décider si je suis sur la bonne voie.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Le plus grand obstacle auquel je fais face et que je sais que d’autres vont pouvoir comprendre, c’est le temps.
Le développement prend du temps, et trouver assez de journées d’entraînement de qualité pour continuer d’améliorer ma pratique du sport peut-être un vrai défi.
Ma stratégie est de profiter au maximum de toutes les occasions. Que je sois en train de faire du ski, ou en train de donner une leçon à des gens, j’essaie de faire du ski et d’enseigner de façon intentionnelle, en restant curieuse, concentrée, et en ayant un but précis.
PIERRE-LUC GRENIER | STONEHAM, QC

Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski.
J’ai commencé à skier, j’avais 5 ans. Mon père est un excellent skieur et a été un modèle pour moi. J’ai grandi dans un foyer où on s’accoudait sur le comptoir pour expliquer les mouvements de ski alpin. La passion de mon père était palpable et le ski, pour lui, c’était important dans la vie. Il faisait toujours des liens entre l’équilibre recherché en ski et celui qu’on devrait avoir dans la vie. C’est vraiment grâce à lui si j’en suis là.
Quelle a été ta plus belle journée de ski?
À chaque saison qui commence, je me demande ce qu’elle m’apportera et il y a toujours de la nouveauté. LA journée ou j’ai obtenu mon niveau 4 de l’AMSC ou encore la journée ou j’ai appris que j’étais sélectionné pour faire partie de l’équipe Interski 2023 en Finlande, sont des moments marquants pour moi. J’ai aussi été choisi pour faire la descente de comparaison technique en Finlande. Disons que c’était un bon feeling!
Qui t’inspire ?
Évidemment, mon père. Je ne suis pas du genre groupie, mais j’ai quelques personnes qui m’inspirent vraiment en ski. J’aime beaucoup les deux dominations dans le ski féminin : Lindsey Vonn et Mikaela Shiffrin. Lindsey pour son côté intense et sa détermination et Mikaela pour sa précision remarquable. J’aime beaucoup Bode Miller. Il est marginal à sa façon et il a des valeurs de vie qui me rejoignent, notamment lorsqu’il parle du défi d’avoir de l’argent qui peut faire perdre le focus sur ce qui est réellement important dans la vie.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
J’ai décidé de faire du ski une priorité dans ma vie et ce n’est pas toujours facile de concilier ski, couple, famille, amis et travail. J’ai fait beaucoup de sacrifices pour me permettre de passer du temps avec des skis dans les pieds. J’ai fait des choix que j’assume et je ne regrette rien, car pour moi, j’y voyais un sens.
JULIE SAUVAGEAU | BROMONT, QC

Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski.
La première fois que j’ai fait du ski. Je suis partie à glisser à reculons jusqu’au bord de piste où j’ai fini par tomber dans la neige. Ce jour-là, je ne suis pas que tomber en ski, je suis tombée en amour avec le ski.
Il y a aussi eu ma participation à la compétition Aspen World Synchro en 2019. C’était le point d’exclamation sur une saison d’entraînement avec un super groupe de femmes inspirantes.
Quelle a été ta plus belle journée de ski?
Toutes les journées de ski de printemps où ski dans les bosses se conjugue avec bonne compagnie, soleil et chaleur. Encore mieux quand c’est mon anniversaire!
Qui t’inspire ?
Les gens à qui j’enseigne. Mes élèves, tout comme les moniteurs et monitrices que je rencontre en formation et qui cherchent à apprendre, à se dépasser. Ils et elles m’inspirent à en faire autant.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Surmonter ma peur de la vitesse, surtout quand je dois skier un parallèle expert en terrain très abrupt sur une surface durcie. Encore aujourd’hui, mes partenaires de ski, comme les membres de l’équipe Interski, m’aident à gagner la confiance qui me manque.
STEVE YOUNG |CRAIGLEIGHT SKI CLUB, ON

Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski?
Le premier moment symbolique dans mon parcours de ski pour moi a été quand je faisais du ski avec mon école et beaucoup de mes camarades de hockey à l’âge de 13 ans. Je me souviens de tellement de détails de cette journée… avec qui je skiais, les plats que j’ai mangés, à quel point j’avais froid, le moniteur qui nous a enseignés et la marque de ski que je portais.
Quelle a été ta plus belle journée de ski?
J’ai eu tellement de belles journées de ski! Les plus spéciales sont celles où je passe du temps avec mon fils Taiga. Mais j’adore toujours faire du ski en famille !
Qui t’inspire ?
J’ai été inspiré par beaucoup de personnes au fil du temps. Des mentors come John Gillies.
Plus récemment, je trouve mon fils comme grande source d’inspiration, son enthousiasme et son engagement à la compétition de ski m’inspire.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Les défis auxquels j’ai été confronté… C’est une question intéressante. Bien que j’aie connu des épreuves difficiles, je pense qu’elles font partie intégrante du dévouement. Sans adversité, nous passons à côté de l’occasion de vraiment tester notre engagement et notre résilience. C’est pourquoi je suis reconnaissant pour les défis que j’ai rencontrés.
