
L’équipe canadienne Interski regroupe des moniteurs et des monitrices de haut niveau provenant de partout au pays. Issu·e·s de parcours variés et dotés d’une passion commune, ils et elles incarnent le plus haut niveau professionnel en enseignement du ski au Canada. Ils sont présentement en préparation d’Interski Vail 2027, le plus important congrès international d’enseignement des sports de neige. L’équipe représentera le Canada en compagnie du reste de la délégation canadienne, c’est-à-dire nos associations partenaires, l’AMSC et l’ACMSN.
Découvrez Casey Bouius, Guy Dale, Kristian Armstrong, Nico Tavchandjian, Sam Lancaster alors qu’ils nous partagent un peu de leur histoire.

CASEY BOUIUS | CRAIGLEIGH SKI CLUB
Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski?
Je ne me souviens pas vraiment d’un moment décisif. Je pense que ce qui a le plus compté pour moi, ce sont les amis avec qui je skie, avec qui je travaille et contre qui je participe à des compétitions. Quand j’étais jeune et que je faisais partie d’un programme de compétition, j’étais toujours impatient d’arriver à la station pour passer la journée à skier et à m’entraîner avec mes amis. On skiait pendant la pause du midi et, après l’entraînement, on dévalait les bosses et on enchaînait les sauts. On se lançait des défis. Même pendant l’entraînement, il y avait toujours des taquineries amicales et des défis. Pour moi, c’est ce qui rend le ski si amusant.
Quelle a été ta plus belle journée de ski?
J’ai vécu de nombreuses journées de ski « inoubliables ». Les plus marquantes, comme la plupart le diraient sans doute, ont été l’obtention de mon niveau 4 en 1999 et lorsque j’ai été sélectionné pour ma première participation au sein de l’équipe Interski en 2011 à St. Anton. Ces moments ont tous été incroyablement palpitants. Être à St. Anton sous les yeux du monde entier, c’était réellement amusant. Cependant, le moment le plus mémorable remonte à 2006, à St. Anton, alors que je participais au championnat européen Powder 8 avec mon partenaire, Colin Borrow. Nous étions en finale, face à une équipe autrichienne. C’était sous les projecteurs, avec la musique à fond et 5 000 personnes dans les estrades. Dès le départ, Colin et moi pouvions entendre la foule scander « Crazy Canucks ! ». Représenter l’AMSC m’a rendu très fier de notre pays et de ce que Colin et moi avions accompli. C’était vraiment un moment surréaliste.
Qui t’inspire ?
C’est une question difficile, car je n’ai pas vraiment de personne ou de mentor en particulier que j’admire. Comme je l’ai déjà dit, ce sont surtout mes amis et mes collègues qui m’apprennent des choses. C’est cette collaboration avec les autres qui m’aide à grandir et à m’épanouir. J’observe et je suis toutes sortes de skieurs. Les athlètes m’impressionnent par ce qu’ils sont capables de faire sur des skis, que ce soit dans les bosses, en compétition, en big mountain ou dans le parc. La précision des skieurs techniques et de certains moniteurs de ski qui publient beaucoup de vidéos sur Internet. J’ai skié avec beaucoup d’entre eux et j’ai appris de chaque personne avec qui je skie. J’ai développé mon enseignement grâce à l’aide et aux conseils de nombreux amis et collègues. Si je devais nommer une personne qui a vraiment fait progresser mon enseignement, ce serait Warren Jobbitt, car il m’a toujours poussé à m’améliorer et à développer mes compétences.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
En ce moment, ce qui me freine le plus, c’est qu’après 30 ans d’enseignement à temps plein, j’ai plus de mal à progresser en ski et à ne faire qu’un avec mes skis et le terrain. Je constate qu’il me faut généralement plus de descentes pour me sentir à l’aise sur mes skis. Quand je passe une semaine entière sur la neige, dès le troisième jour, ça revient et j’ai l’impression de pouvoir tout faire. Pour y remédier, je fais beaucoup de ski après le travail. Cela me permet de travailler et d’affiner ma technique. Auparavant, avec 250 jours par an sur la neige, tout venait naturellement. Aujourd’hui, je m’entraîne beaucoup sur des exercices spécifiques et j’utilise différentes tactiques pour maintenir un bon niveau technique et continuer à progresser. Cela dit, après avoir poussé mon corps à fond pendant de nombreuses années, je me rends compte que je dois consacrer beaucoup de temps à la préparation physique et aux étirements pour que mon corps reste en forme et prêt à performer.

GUY DALE | WHISTLER BLACKCOMB
Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski?
Honnêtement, ça n’a pas commencé dans les grandes montagnes. J’ai grandi en skiant et en m’entraînant à la compétition sur des pistes de ski artificielles dans les montagnes galloises. Ce n’était pas du tout prestigieux, mais cela m’a beaucoup appris très tôt. Il fallait être précis et déterminé, car il n’y avait nulle part où se cacher — ni terrain, ni conditions pour vous sauver. Si vous vouliez vous améliorer, vous deviez réfléchir. Cet environnement m’a façonné en tant qu’athlète bien avant que je ne songe à devenir moniteur, et ces leçons sont toujours au cœur de ma façon d’aborder le ski aujourd’hui.
Quelle a été ta plus belle journée de ski?
Pour moi, ce n’était pas une question de résultat ou de performance exceptionnelle. La plus belle journée a été celle où j’ai pris une décision claire concernant mon avenir — quand j’ai su que je voulais consacrer ma vie à ce secteur, à cette communauté et au ski au Canada par l’intermédiaire de l’AMSC. Cette décision m’a apporté un véritable sentiment de clarté. C’était véritablement l’un des jours les plus heureux de ma vie, non pas à cause de ce qui s’est passé sur la neige, mais parce que je savais que j’avais trouvé ma place et la manière dont je voulais apporter ma contribution.
Qui t’inspire ?
C’est une question difficile, car le monde du ski regorge de personnes formidables. Au fil des ans, j’ai été influencé par beaucoup de gens — des personnes auprès desquelles j’ai appris, que j’ai admirées et en qui j’ai eu confiance pour obtenir des retours honnêtes à différentes étapes de mon parcours.
Toutefois, si je devais vraiment résumer, ce serait mon père. Il s’est mis au ski tardivement et voulait que je découvre un sport qu’il aimait bien avant d’en avoir eu l’occasion lui-même. Il ne se concentrait pas seulement sur les résultats — il m’a enseigné l’éthique du travail, la perspective et comment tirer des leçons de la frustration sans se laisser abattre. Et croyez-moi, faire du slalom sur une piste de ski artificielle au Pays de Galles sous une pluie battante, trempé jusqu’aux os, trois fois par semaine, n’est pas la chose la plus agréable à répéter. Mais ces années m’ont permis de développer ma résilience et ma persévérance, et cet état d’esprit continue de façonner ma façon de skier, d’entraîner et de diriger aujourd’hui.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Le plus grand défi aujourd’hui est l’équilibre. En tant qu’athlète, mon champ de vision était étroit. En tant que formateur et examinateur, la responsabilité est plus vaste et l’impact plus large. Ce qui m’aide, c’est de rester déterminé : savoir clairement pourquoi je fais ce que je fais, réfléchir souvent et m’assurer que mes actions correspondent aux valeurs qui m’ont amené à ce sport au départ. Des pistes artificielles du Pays de Galles aux compétitions en Europe, en passant par la construction d’une vie au sein de la culture du ski canadienne, cette clarté a été essentielle.

KRISTIAN ARMSTRONG | SILVERSTAR MOUNTAIN RESORT
Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski?
C’était ma première année en tant que moniteur de ski. Je me souviens d’être au pied d’une piste et d’avoir levé les yeux vers la silhouette d’un skieur qui descendait sans effort, alliant vitesse et performance. C’était inspirant. J’ai demandé qui c’était. Il s’agissait de Chris Dodds, un moniteur de niveau 3 qui travaillait à l’époque à Snow Valley, à Barrie, en Ontario. Merci pour cette image, Chris. Tu as allumé toute une étincelle !
Quelle a été ta plus belle journée de ski ?
Janvier 2001, Crested Butte au Colorado. J’ai skié dans la poudreuse la plus légère que j’aie jamais vue, qui m’arrivait à la taille. C’était incroyable de la voir s’écarter sous mes skis. On pouvait même sentir les traces laissées par la dameuse la nuit précédente. Je n’ai jamais revécu ça depuis.
Qui t’inspire ?
Je n’arrive pas à me décider entre Josh Foster et Norman Kreutz. Deux personnalités qui ont eu une grande influence sur ma vie. L’excellence dont ils font preuve sur la neige et partout ailleurs est une source d’inspiration immense. Merci les gars !
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Je pense que l’un des plus grands obstacles pour atteindre un objectif, c’est « l’espoir ». J’ai tenté ma chance à trois reprises pour l’équipe Interski. À chacune des sélections, j’espérais être retenu. Pour les sélections de Vail 2027, j’ai changé d’approche. Je me suis entraîné avec détermination et dévouement. J’ai arrêté d’espérer et j’ai commencé à travailler. Quand on s’investit, on réussit.

NICO TAVCHANDJIAN | MOUNT NORQUAY
Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski?
J’ai un souvenir très précis de mon enfance : assis sur une pile de skis, sur le siège rabattable de notre Tercel de 1987, alors que nous montions vers les montagnes. L’excitation que je ressentais en empruntant la route sinueuse, sachant que j’allais skier, est une sensation que je ressens encore aujourd’hui, mais maintenant, je porte ma ceinture de sécurité!
Quelle a été ta plus belle journée de ski ?
De l’abrupt, des pistes damées à la perfection et des bosses de rêve ! C’est la possibilité de revivre encore et encore la plus belle journée de ma vie qui me pousse à y retourner.
Qui t’inspire ?
Mikael Kingsbury est un athlète de classe mondiale doté d’une humilité étonnante. Il s’est remis d’une blessure, a fondé une famille et a remporté une médaille d’or olympique en moins de deux ans, couronnant ainsi une carrière déjà incroyable. Le plus beau, c’est qu’il a toujours suivi sa propre voie et pris du plaisir tout au long de son parcours : une véritable source d’inspiration !
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Le travail et la famille m’enlèvent un temps précieux pour l’entraînement, mais ils constituent aussi les fondements mêmes qui rendent mes objectifs réalisables. Reconnaître que cet équilibre est fluide et rarement parfait me permet d’apprécier mes efforts et de profiter des bons moments. Un peu comme skier sur des bosses !

SAM LANCASTER | KIMBERLEY ALPINE RESORT
Parle-moi d’un moment-phare qui a été une bougie d’allumage et qui a défini ta relation avec le ski?
J’ai toujours aimé le ski. Ça me fait me sentir libre. Ce sont les levers de soleil des séances matinales, les arbres recouverts de neige, les descentes tranquilles dans la poudreuse, les pistes damées soyeuses, le calme qui s’installe quand il neige. L’air froid dans mes poumons, les amis, les sourires. Il n’y a pas un moment précis qui définit mon inspiration pour le ski, mais de nombreux moments qui se sont accumulés pour former quelque chose de plus grand.
Quelle a été ta plus belle journée de ski ?
Chaque samedi, quand je peux skier avec ma femme et mes deux garçons, c’est la plus belle journée qui soit !
Qui t’inspire ?
J’ai eu de nombreux moniteurs qui m’ont inspiré au fil des ans. Mon premier directeur d’école de neige, Nip Bradford, qui a créé une école où l’on se sentait comme en famille et qui m’a appris non seulement à être un professionnel du ski, mais aussi un jeune homme responsable. L’autre est Warren Jobbitt. Il m’a enseigné la compassion; c’est quelqu’un qui se soucie énormément des autres. C’est un formidable modèle et une véritable source d’inspiration pour moi.
Quels obstacles as-tu rencontrés ?
Lorsque je me heurte à un obstacle, je commence par évaluer si je dispose des compétences nécessaires pour le surmonter. Si ce n’est pas le cas, je me tourne vers mon équipe d’entraîneurs pour obtenir des conseils. Bénéficiant d’un solide soutien autour de moi, je m’appuie sur la routine et la régularité : j’intègre de nouvelles compétences à mon entraînement jusqu’à ce qu’elles deviennent naturelles et m’aident à continuer de progresser.
