Rédigé par Juli Fyfe, psychothérapeute agréée et monitrice de l’AMSC
Lorsque j’ai déménagé à Muskoka il y a quatre ans, j’étais à la fois pleine d’espoir, d’incertitude et d’un désir discret de trouver une communauté. Déménager à un âge avancé peut être déstabilisant : les routines familières disparaissent, les cercles sociaux changent et il peut être difficile de trouver un sentiment d’appartenance. Malgré la beauté de mon nouvel environnement, je me sentais déracinée. Ce que je ne savais pas encore, c’est que mon chemin vers l’appartenance commencerait au pied de la station de ski Hidden Valley Highlands.
Le ski m’a toujours offert une liberté physique (le vent, le mouvement, le terrain, le rythme), mais l’enseignement du ski m’a fait découvrir quelque chose de plus profond : la connexion. Dès mon premier dans le manteau de l’AMSC, je me suis sentie accueillie dans un collectif qui allait bien au-delà de la technique, des exercices et des progrès pédagogiques. J’étais entrée dans une communauté.

Pourquoi la communauté est importante pour le bien-être
Les recherches en psychologie montrent que les êtres humains ont un besoin fondamental d’appartenance. Baumeister et Leary (1995) décrivent cela comme une pulsion universelle : la connexion n’est pas facultative pour notre bien-être, elle est essentielle. L’appartenance protège la santé mentale, augmente la résilience et donne un sens à la vie (Allen et al., 2021). Les communautés construites autour d’activités communes, en particulier les activités de plein air et physiques, offrent des avantages particulièrement importants. Elles favorisent les émotions positives, la confiance en soi et le soutien social (Brymer & Schweitzer, 2017).
Pour ceux d’entre nous qui enseignent les sports de neige, les flancs des montagnes deviennent un centre communautaire vivant. Nous ne venons pas seulement pour enseigner des compétences, mais aussi pour partager qui nous sommes. En retour, nous recevons la même ouverture d’esprit.
La communauté des moniteurs et des monitrices : des valeurs communes en action
À Hidden Valley Highlands, j’ai rapidement compris que les moniteur·rices de ski et de snowboard partagent un ensemble de valeurs distinctes…
1. Aider les autres à progresser
L’enseignement des sports d’hiver est avant tout une question de relations humaines. Nous nous connectons aux peurs, aux joies, aux styles d’apprentissage et aux objectifs des élèves. Aider quelqu’un à passer de glissades prudentes à des virages assurés est plus qu’un simple transfert de compétences : c’est co-créer une expérience de confiance et d’accomplissement. Ces comportements prosociaux forment naturellement des liens sociaux solides.
2. L’appréciation de la nature
Les expériences en plein air favorisent la restauration psychologique et réduisent le stress (Kaplan, 1995). Enseigner dans l’air vif de l’hiver, sous la neige et la lumière changeante, renforce notre gratitude commune pour le plein air et la terre sur laquelle nous skions.
3. L’engagement face à l’activité physique
L’activité physique améliore l’humeur, réduit l’anxiété et augmente l’engagement social (Biddle & Asare, 2011). Que nous enchaînions les virages, que nous riions dans le télésiège ou que nous fassions le bilan d’une leçon, nous participons à une communauté façonnée par la vitalité et le mouvement.
Ces valeurs communes sont le ciment qui nous unit. Elles m’ont donné le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que moi.
Stages pour moniteur·rices : élargir la communauté au-delà de votre station locale
Un autre cadeau inattendu est la façon dont les stages de l’AMSC élargissent votre horizon. Les programmes de formation et de certification vous mettent en contact avec des moniteur·rices d’autres montagnes, provinces et étapes de la vie. Votre communauté s’élargit.
Au cours de ces formations, vous vous soutenez mutuellement dans les défis, vous vous encouragez à vous améliorer et vous célébrez vos progrès. Les relations se nouent rapidement, car vous êtes tous engagés dans le même processus vulnérable : apprendre, s’adapter et s’efforcer.
Et puis, il y a la joie de skier ensemble pendant les jours de congé : faire des virages sans programme, explorer le terrain, partager des rires. Ces moments simples renforcent le sentiment d’appartenance de manière durable et significative.
Communauté et appartenance : un facteur déterminant pour bien vieillir
À l’approche de l’âge mûr, l’appartenance a pris une nouvelle importance. Les recherches sur le vieillissement montrent systématiquement que les liens sociaux sont l’un des facteurs les plus importants pour bien vieillir. Holt-Lunstad et al. (2015) ont découvert que des relations sociales solides sont associées à une meilleure longévité, une meilleure santé cognitive et une plus grande vitalité globale. L’appartenance aide à se protéger contre l’isolement, un facteur de risque majeur pour un vieillissement moins favorable (Courtin & Knapp, 2017).
Faire partie de la communauté des moniteurs et monitrices me permet de rester active, socialement engagée, motivée et stimulée mentalement. Ce sont précisément les éléments que les chercheurs en gérontologie identifient comme essentiels pour vieillir avec résilience et vitalité.
À bien des égards, l’enseignement du ski est devenu à la fois une passion et un facteur de protection. Cela me permet de rester connectée. Cela me permet de rester active. Cela me permet de me sentir vivante.
Hidden Valley Highlands : trouver ma place
Je ne m’attendais pas à ce que le fait d’enfiler une veste rouge me donne un sentiment d’appartenance, mais c’est ce qui s’est passé. J’ai trouvé des collègues qui sont devenus des amis, des mentors qui sont devenus des soutiens et des élèves qui m’ont rappelé chaque jour pourquoi les êtres humains s’épanouissent dans la connexion. Nous célébrons les victoires de chacun : l’obtention de certifications, l’enseignement de leçons révolutionnaires ou simplement le fait d’avoir survécu à un mois de janvier glacial. Nous prenons des nouvelles lorsque quelqu’un est en difficulté. Nous créons ensemble du sens sur la neige.
Dans cette culture de camaraderie et d’objectifs communs, j’ai trouvé ma place à Muskoka. J’ai trouvé ma tribu.
Les montagnes comme modèle de communauté
La station de ski offre un modèle unique d’appartenance que d’autres secteurs pourraient imiter:
- Objectifs communs : enseigner, apprendre, favoriser la croissance
- Rituels collectifs : réunions matinales, descentes partagées, après-ski
- Soutien mutuel : tout le monde s’encourage
- Une culture de mentorat : chacun·e est à la fois apprenant·e et enseignant·e
C’est l’essence même de la communauté : un endroit où vous comptez et où les autres comptent pour vous.
Conclusion
Le ski est un sport. L’enseignement du ski est une profession. Mais les deux sont aussi des voies vers l’appartenance. Pour moi, Hidden Valley Highlands a ouvert plus qu’une porte : il a ouvert une connexion au niveau du cœur qui a aidé Muskoka à devenir mon chez-moi et a renforcé mon sentiment de vitalité à mesure que je vieillis.
La communauté n’efface pas les difficultés ni la solitude, mais elle en atténue les effets. Elle nous offre des personnes sur lesquelles nous appuyer, avec lesquelles rire et grandir. Et pendant les froides journées d’hiver, lorsque la neige tombe doucement et que le télésiège vrombit au loin, elle nous rappelle que nous faisons partie de quelque chose de partagé, de significatif et de profondément humain.
